C'est un site archéologique très bien préservé, avec de multiples fonctions représentées à travers les constructions.
Templo de Kukulcán
C'est LE bâtiment qui capte l'attention dès l'entrée.
C'est aussi la pyramide la plus harmonieuse qui nous est était donné de voir. Douce mais majestueuse, régulière mais originale, c'est une remarquable réalisation.
Sa fonction était d'honorer le soleil. C'est pourquoi toutes ses proportions sont en lien avec le cycle solaire. Ainsi la pyramide possède 4 escaliers (un sur chaque face) de 91 marches, auxquelles il faut ajouter la marche de la plate-forme du sommet pour obtenir un total de 365. Rien à voir avec le hasard...
Nous n'avons pas assisté au phénomène mais il faut aussi savoir que cette pyramide a été orientée pour qu'au moment des équinoxes le soleil couchant projette sur la rampe de l'escalier nord l'ombre de l'angle du bâtiment, formant de cette façon le corps d'un serpent qui ondule (la tête dudit serpent étant sculptée en contrebas). C'est comme si le dieu-serpent descendait de sa montagne sacrée afin de féconder la terre au moment des semences (équinoxe de printemps) et de favoriser de bonnes récoltes (équinoxe d'automne). D'où le nom de pyramide de Kukulcán, qui, directement dérivé de "Quetzacoatl", signifie le dieu serpent à plumes.
Les calculs et connaissances scientifiques ayant permis un tel montage ne laissent aucun doute sur la suprématie de la cité.
Grupo de las Mil Columnas
L'ensemble est impressionnant par le nombre de colonnes encore debout, mais il est un peu difficile de s'imaginer qu'elles formaient autrefois un vaste espace couvert, abritant des structures administratives et résidentielles.
La forêt de colonnes fait face à la vraie forêt fantomatique
Caracol
C'est une tour qui servait d'observatoire astronomique. Caracol signifie escargot, en référence à l'intérieur du bâtiment, avec deux couloirs concentriques et un escalier spirale (non accessibles au visiteur). C'est grâce à elle que l'on pouvait suivre le cycle de Vénus qui déterminait l'activité militaire.
Edificio de las Monjas (Edifice des Nonnes)
C'est un palais à deux étages dont c'est en fait l'annexe qui a le plus retenu notre attention.
Sa façade est en effet de toute beauté : des mascarons descendent jusqu'au sol, la porte principale figure une gueule ouverte et on aperçoit un dignitaire assis sur un trône.
De côté (pour le "grillage" de pierre)
De face
La dignitaire, entouré de plumes
Un nez crochu
La iglesia
C'est un chef d’œuvre : de style Puuc (vu dans un billet précédent), ce temple est orné de figures au buste zoomorphe, qui sont sans doute les quatre "bacab", c'est-à-dire porteurs du monde terrestre. On identifie sans peine une tortue et un escargot, il faut aussi deviner un tatou et un crabe (exercice à faire douter de ses connaissances animales...).
Une frise qui court tout autour du bâtiment, au niveau de la toiture, évoque un serpent qui ondule.
Des figures de Chac, dieu de la pluie, sévères et implacables, ornent les angles de la construction. Leur accumulation ainsi que leur force visuelle expriment bien toute la crainte que Chac exerçait sur les peuples de l'époque. Ce n'est pas un détail du décor comme un autre, anodin ou isolé, que l'on oublie rapidement parce qu'il est ardu de fixer le foisonnement de vestiges archéologiques étalés sur des siècles. Chac s'impose et s'incruste dans la rétine et l'inconscient du voyageur.
La iglesia est un vrai petit bijou, mon coup de cœur à taille humaine s'agissant de Chichén Itzá.
Juego de Pelota
C'est le plus grand terrain de tout le continent méso-américain.
Pour nous, il vaut surtout par les bas-reliefs qui illustrent ce jeu rituel.
Un joueur de pelote, avec une chaussure droite un peu particulière qui indique qu'on pouvait peut-être toucher la balle avec le pied droit.
Bas-relief qui illustre la fin du jeu : à gauche, le capitaine vaincu tient la tête décapitée du vainqueur (c'est un honneur). Au centre la balle-soleil avec une tête de mort comme métaphore de l'issu du jeu sacré. A droite le corps sans tête du vainqueur, du cou duquel jaillissent 7 serpents, dont l'un se transforme en une plante fleurie, allégorie de la vie qui renaît du sacrifice.
Splendide, si je puis dire.
Tout près du jeu de pelote, le mur des crânes, qui représente les têtes des joueurs sacrifiés.
Un peu plus loin, le temple des Jaguars et des Aigles. C'est une petite plateforme aux bas-reliefs très...expressifs. On y voit un jaguar (qui représente la nuit) et un aigle (pour le jour) qui dévorent chacun un cœur humain, symbolisant une offrande au soleil, afin qu'il poursuive son cycle journalier.
Cenote sagrado
Large gouffre de 60 mètres de diamètre, le cenote est considéré comme une porte ouverte vers l’infra-monde. Afin de contenter les terribles créatures que l'on y imaginait, on y jetait des offrandes rituellement détruites (céramique brisée, ossements brûlés, etc.). A priori on ne jetait donc personne vivant dans les eaux verdâtres...
Quelques photos pêle-mêle.
Un chac mool (autel sacrificiel), dont la tête dépasse à peine
Près de la pyramide de Kukulcán, dont le spectacle de "hiérophanie" (illumination du sacré) attire chaque année de nombreux mystiques, un étrange phénomène ;-)
De très nombreux marchands ambulants peuplent Chichén Itzá, dans l'espoir de vendre un Tshirt ou une reproduction de la pyramide. Aucune restriction n'a été prise à cet égard. Cela gâche parfois un peu la découverte de ce site majeur, mais donne parfois de belles images...
Enfin, on ne peut clôre un billet relatif à Chichén Itzá sans montrer ses plus fidèles visiteurs : les iguanes. Il y en a PARTOUT, de toutes tailles, et plutôt courageux.
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