jeudi 15 mars 2012

MEXIQUE 8 - PALACIO DE BELLAS ARTES, MEXICO D.F.



Voici une portion du Palacio de Bellas artes, dans le centre historique de Mexico City. C'est une institution que nous avons rencontrée sans en attendre grand chose un dimanche matin. Nous y étions allés au début de la journée afin de nous assurer des places pour le ballet folklorique du soir. Nous y sommes restés bien plus que la durée de l'achat de nos billets, surpris que nous avons été par les ressources du lieu !

Dès l'extérieur, nous sommes étonnés par de grandes ramifications blanchâtres qui semblent sortir du Palais. Un panneau explicatif sur la place nous indique qu'il s'agit de "racines", identifiant divers bâtiments de la ville qui en constituent les racines patrimoniales et culturelles. L'image, quoique littérale, est poétique et les noueuses racines servent, bonus ! de mobilier urbain. Les passants s'y assoient, les enfants les escaladent, d'autres y trouvent mille autres utilités. Voici donc un équipement comme je les aime, qui aide à la réinvention de nos rapports à l'espace public, l'air de rien.





Il fait bon flâner devant le Palacio de Bellas artes, ce dimanche matin (comme il était doux de se promener dans le centre de Guadalajara le dimanche passé). Le lieu draine des touristes mais il y a aussi beaucoup de résidents de Mexico D.F. D'ailleurs un jeune m'interpelle : il a besoin d'une petite conversation en anglais avec moi afin de faire ses devoirs pour la semaine suivante. Son père l'accompagne, lui sert tout à la fois de chaperon et de caution. Il filme notre échange sommaire (d'où viens-je? quel est mon âge? etc.). Ils nous remercient chaudement et reprennent leur chemin.



Nous pénétrons donc enfin dans le Palacio et surprise ! L'intérieur est un très bel exemple d'Art déco!
Commandé par le dictateur Porfirio Diaz, le palais, conçu entièrement en marbre de Carrare par l'architecte italien Adamo Boni, possède un style éclectique. Il devait être achevé en 1910 pour le centenaire de l'indépendance mais il connut moult vicissitudes et l'architecte initial mourut entretemps. C'est donc à Federico Mariscal que l'on doit l'intérieur Art déco, conçu comme opéra et musée du muralisme mexicain.





Quelques détails :

Une porte


Des plafonniers


La typographie


Le Palacio, outre des peintures murales (Rufino Tamayo, Diego Rivera, José Clemente Orozco, David Alfaro Siqueiros), abrite deux musées : le Museo del Palacio de Bellas artes et le Museo nacional de Arquitectura. En ce dimanche la visite est gratuite (sauf la prise de photos, de quelques dizaines de pesos) et les visiteurs sont nombreux. Nous n'avons visité "que" le Museo del Palacio, sous les couleurs duquel étaient présentées deux expositions, très différentes.

La première était une exposition photo intitulée "El murmullo de los rostros - Paul Strand en México". Organisée en collaboration (avec d'autres institutions) avec la Fundacion Televisa, le commissariat a été confié à Alfonso Morales, par ailleurs curateur des collections photographiques de la sus-mentionnée Fondation.

Principalement consacrée au travail de Paul Strand, il y avait également de très beaux clichés de Walker Evans, August Sander ou encore Manuel Alvarez Bravo (un ami de Paul Strand). Les photos de Paul Strand, principalement consacrées au Mexique, datent de deux séjours de l'artiste américain, de 1932 à 1934 (où il travaillait pour le Secrétariat à l'éducation publique, notamment à la direction du Bureau de Photographie et Cinématographie) puis en 1966 (en tant que touriste). Elles montrent de nombreux portraits d'anonymes, pris à travers tout le pays, dans les États de Veracruz, Michoacan, Oaxaca, Hidalgo,etc.

Seated Man, Uruapan, Michoacan, 1933


Le temps passé au Mexique aurait modifié la conception que Strand se faisait du portrait : à travers les photos de personnes il ne cherchait pas à figer une apparence physionomique mais à mettre en valeur l'expression d'une mémoire collective. Pas de folklore au menu, mais les images d'un humaniste.

Mon goût pour l'abstraction et la géométrie m'a également poussée vers des clichés pris aux Etats-Unis.

Sombras del Porche, 1916


Wall Street, New York, 1915


L'événement est important au Mexique (et tournera à Puebla et Monterrey) car cela faisait 80 ans que le photographe n'y avait pas été exposé.


La seconde exposition était une exposition de céramique, ô joie ! Merci à Itzel Vargas, directrice du Museo del Palacio de Bellas artes, pour avoir programmé cette petite surprise... Exposition monographique, "Gustavo Pérez - Obra reciente" est comme son nom l'indique consacrée au travail récent de M. Pérez.



Gustavo Pérez a obtenu le Prix national de céramique en 2010 et a effectué une résidence à la Manufacture de Sèvres, en France.

Etaient exposés de nombreux exemples de la technique développée par M. Pérez : un réseau de fines incisions appliquées à la terre avant cuisson et parfois remplies d'émail. En résultent des constellations d'une grande netteté et d'une non moins radicale régularité. A mi chemin entre des points de couture et le cosmos, les vases et autres contenants ainsi modelés m'ont évoqué certaines toiles de Joan Miró.



Pour en finir avec ce dense billet, le Ballet folklorique Amalia Hernàndez. La salle, toujours Art déco, est ravissante et le rideau de la scène est une œuvre originale en mosaïque de pâte de verre des ateliers du célèbre Louis Comfort Tiffany (il représente les volcans Popocatépetl et Iztaccihuatl).



Les pastilles régionales s'enchaînent, nous offrant un aperçu des danses et musiques traditionnelles du Mexique.







Ces danseurs tentent de nouer un long tissu à l'aide de leurs seuls pieds


Et voilà le travail !




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