jeudi 22 mars 2012

MEXIQUE 15 - CREATION CONTEMPORAINE

Outre l'accrochage consacré aux photographies de Flor Garduño, au centre culturel de l'ex-couvent Santo Domingo de Oaxaca, plusieurs expositions de création contemporaine ont jalonné notre voyage, surgissant souvent par surprise, au détour d'un monument ou autre institution.


Instituto Cabañas, Guadalajara


Notre premier contact avec l'art contemporain au Mexique a eu lieu dès notre arrivée dans le pays, à Guadalajara. Alors que nous avions bien prévu de visiter l'Instituto Cabañas pour ses magnifiques fresques historiques (billet à venir), nous ne nous doutions pas qu'une belle exposition dédiée au dessin contemporain allemand occuperait une portion de la vaste bâtisse.

Linie Line Línea (commissariat : Volker Adolphs du Bonn Kunstmuseum) est une initiative de l'Institut des relations extérieures (ifa) afin de promouvoir la création contemporaine allemande à travers le monde.

Entre autres artistes exposés :

Pauline Kraneis

Pia Linz (pour sa boîte gravée)


Markus Vater

Ralf Ziervogel

Et Thomas Müller dont le dessin azur a servi à la communication de l'exposition.




Musée d'art contemporain de Morelia

Au fond de la ville de Morelia, en face du bel aqueduc, dans une belle bâtisse décorée de grands bougainvillées, le musée d'art contemporain. Nous y sommes rentrés alors que la pluie tombait à verse et étions presque seuls dans cette grande maison au plancher de bois qui craquait sous nos pas.



L'exposition était consacrée à la 8ème "bienal de pintura y grabado Alfredo Zalce".

Parmi les jeunes artistes exposés, nous avons remarqué le lauréat Sergio Ricaño Gutiérrez et son Gigante urbano, 2010 (technique de l'aquateinte).



Ainsi que la xylographie de Oswaldo Rivera, Acto n°7, 2011



Alfredo Zalce, peintre majeur de l'Etat du Michoacan, mais aussi muraliste (comme nous le verrons plus tard), a été un artiste assez touche-à-tout. Mort en 2003 à Morelia, le musée porte son nom.
A l'étage, ce n'est donc que justice que soient exposées plusieurs xylographies de M. Zalce, datant de 1967. Ces réalisations de jeunesse sont admirables. On regrette qu'elles aient été reléguées dans un petit coin mal éclairé...

Girasoles (Tournesols)


Ventana con florero


Jardín





Museo-casa Diego Rivera, Guanajuato


Outre les œuvres de Diego Rivera, la maison accueille aussi des expositions temporaires consacrées à des artistes vivants. Ainsi Teresa Romero Gamero se voit réserver une salle pour son exposition intitulée "Vistiendo al niño Dios" (que l'on peut traduire approximativement par "En habillant l'enfant Dieu").

Composé d'une dizaine de lithographies, l’œuvre fait référence à la figure du Niño dios, c'est-à-dire l'enfant de Dieu, Jésus. Le Niño dios est très important pour les mexicains catholiques et il fait l'objet d'une tradition consistant à habiller un baigneur (qui le représente) de somptueux vêtements (vendus par moult boutiques et marchés, voir ici)http://www.blogger.com/img/blank.gif, et ce le 2 février, jour de la Chandeleur.

Cette coutume ne peut se comprendre sans le syncrétisme avec la culture pré-hispanique du Mexique. L'enfant n'est alors plus Jésus mais le symbole de la renaissance : celle de la nouvelle année et celle de la terre. A la fin de l'hiver débute la préparation de la terre pour les futures plantations, et c'est ainsi l'occasion de se renouveler, renaître ou encore changer.




En l'espèce, Teresa Romero Gamero a crée un pont entre cette tradition d'une part, et diverses facettes des goûts, croyances et folklores du Mexique (telles le catch, sport-spectacle national, l'attachement aux civilisations pré-hispaniques, la personnification de la mort, etc.) d'autre part.

Niño Prehispánico, 2011


L'introduction à l'exposition insiste d'ailleurs pour le peuple mexicain sur ce "constante devenir entre lo que fuimos, somos, amamos y seremos, pero siempre apegados a nuestra cultura".

Niño Artillero, 2011


Par de petites lithographies bien réalisées, l'artiste opère ainsi deux mises en abyme successives : un regard porté sur la fête populaire du Niño dios, augmentée des images communes au peuple mexicain. Ce faisant, et presque sans s'en donner l'air, Maestra Gamero rend hommage à l'étonnant métissage du Mexique et tente de synthétiser l'infinie question de leur identité.

Santo Niño, 2011


Niño Calaberita, 2011



Musée d'art contemporain de Oaxaca

Le MACO est le seul musée d'art contemporain que nous ayons visité qui possède les caractéristiques communes aux institutions muséales dédiées à l'art contemporain à l'international.
Nous ne sommes cependant pas tombés sur la meilleure période car se tenait alors exclusivement la XVème biennale de peinture Rufino Tamayo. Organisé pour valoriser la peinture mexicaine actuelle, l'événement est louable mais l'accrochage nous a semblé plus une accumulation des travaux des participants qu'un parcours intellectuel ou plastique.



Nous avons cependant apprécié les deux artistes suivants :

Antonio Chacón Trejo
A propósito de la abstracción y la madera, 2011




Pablo Rasgado Quintanar
Sín Título, (el aire que se queda entre la pintura y el bastidor), 2010



Né de l'impulsion d'artistes et de citoyens, le MACO est en tout cas un lieu très paisible où il fait bon s'arrêter afin de se mettre au diapason de Oaxaca.



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